Un samedi de juillet 2006, nous avions la fête de la remise des diplômes de HIPPY

Britannia pour les parents et les enfants participants. Une partie de mon travail

ce jour-là était d’accompagner sur l’autobus Penny, une mère vietnamienne, à

destination de la fête. Voici la raison : elle n’avait jamais fait de sortie seule, ni pris

l’autobus. Elle avait peur d’utiliser son anglais, de quitter son domicile, peur des

étrangers et de beaucoup d’autres choses.

À son domicile, j’ai montré à Penny une carte de la route, depuis son domicile

jusqu’à Britannia, et l’ai renseignée sur les trois autobus que nous allions prendre.

Nous avons commencé par prendre l’autobus près de son domicile; nous avons

ensuite changé d’autobus deux fois avant de parvenir à notre destination. Nous

sommes restées à la fête de l’école de Britannia durant deux heures, mais, avant de

monter dans l’autobus pour revenir, nous sommes arrêtées à la bibliothèque de

Britannia. Il s’y trouve un centre d’apprentissage des adultes, et j’ai montré à Penny

les cours d’anglais langue seconde et d’informatique qui sont offerts; nous avons

aussi pris des brochures qu’elle pouvait examiner à domicile. De plus, j’ai montré à

Penny les services communautaires REACH, où un travailleur familial vietnamien

pourrait l’aider au besoin. J’ai également expliqué le centre Mosaic et ses nombreux

programmes destinés à la collectivité vietnamienne : services familiaux, formation

pour l’emploi, traduction, services aux immigrants, etc.

Puisque c’était la première fois que Penny prenait l’autobus, elle m’a demandé de lui

expliquer la route complète et de revoir quels autobus seraient nécessaires de sa

maison jusqu’à Britannia. Elle a soigneusement écrit tous les détails dans son carnet

et, évidemment, m’a remerciée beaucoup de l’avoir accompagnée en autobus.

Ce que je veux mentionner ici, c’est l’attention portée au parent avec lequel je

travaille et d’expliquer mon attitude et mes connaissances liées à la collectivité.

Je ne travaille pas qu’avec des parents lorsqu’il s’agit du programme d’études de

HIPPY, mais je tente de trouver des façons de faire cheminer à l’intérieur comme à

l’extérieur du domicile tous les parents avec lesquels je travaille. L’histoire de Penny

est un exemple. Même si j’étais très fatiguée la journée de la fête, jour qui avait

commencé tôt et pendant lequel j’avais voyagé sur six autobus sous une

température chaude et sèche, cela en valait la peine. Penny a fait un grand pas pour

surmonter ses craintes : son anglais limité, sa timidité et s’égarer chemin faisant.

Elle a été très attentive pour la route des autobus, et elle a été vraiment intéressée

par les services communautaires.

Elle avait besoin d’une personne lui inspirant confiance et pouvant l’accompagner

pour cette première fois, afin qu’elle puisse commencer à sortir de son cocon,

apprendre à avoir confiance, puis surmonter ses craintes. Je suis réellement

contente d’avoir eu l’occasion de faire la bonne chose au bon moment. Qui sait si,

un jour, Penny sortira seule afin de trouver de l’aide ou d’étudier quelque chose?

Elle peut décider de s’inscrire au cours d’anglais langue seconde, d’amorcer une

formation pour l’emploi ou se rendre à une réunion de groupe de HIPPY. Elle m’a dit

que, parfois, elle veut vraiment étudier quelque chose, au moins pour elle-même.

J’espère l’avoir mise sur la bonne voie.