La nécessité de HIPPY

La nécessité d’un HIPPY multiculturel

 

Le Canada compte l’une des rations immigrantes sur population totale les plus élevées du monde, les nouveaux arrivants et les minorités visibles formant plus de la moitié de la population de nos plus grandes villes (Fondation Laidlaw, 2003). Entre 2001 et 2006, la population du Canada a augmenté plus que celle de tout autre pays du G8 (+ 5,4 %), une croissance principalement attribuable à la migration internationale (Statistique Canada, 2007). De plus, Statistique Canada prévoit que d’ici 2017, la population immigrante du Canada pourrait atteindre entre 7 millions et 9,3 millions de personnes et il est estimé que 95 pour cent des minorités visibles vivront dans les régions métropolitaines comme Toronto et Vancouver (Statistique Canada, 2005).

 

Ces taux d’immigration relativement importants ont des conséquences profondes pour la société canadienne, qui comprennent des aspects économiques, sociaux, politiques et démocratiques. Plus précisément, une société juste, sûre et démocratique repose sur la participation active de tous ses membres, ses citoyens nouveaux comme les existants. En revanche, « pour la société dans son ensemble, l’exclusion sociale d’individus ou de groupes peut devenir une menace majeure pour la cohésion sociale et la prospérité économique » (Fondation Laidlaw, 2003).

 

Il est bien documenté que les enfants les plus vulnérables et socialement exclus dans le monde et leur famille « tendent à avoir des profils socioéconomiques et démographiques similaires… notamment [ceux] de minorités raciales et ethniques, d’immigrants et de réfugiés » (OCDE, 2005). L’inclusion des immigrants du Canada est cruciale, non seulement pour la qualité de la vie des nouveaux venus, mais aussi pour un développement utile de la société civile canadienne dans son ensemble.

 

Beaucoup de nouveaux venus arrivent non seulement méfiants face à l’appareil d’État, mais aussi avec peu de connaissances et d’expérience en matière de pratiques politiques, sociales et économiques de la démocratie canadienne. En plus d’arriver dans un pays étranger avec des expériences de vie difficiles, il y a d’autres grands défis à relever dans le processus d’établissement, à la fois pour les nouveaux venus et pour le Canada. Beaucoup d’immigrants font face à des obstacles structurels, y compris la langue et les barrières culturelles, de bas niveaux d’alphabétisation, le racisme, les problèmes d’accréditation professionnelle, puis une sensibilisation limitée aux divers processus démocratiques ainsi qu’aux pratiques de la société. Par exemple, peuvent être limitées ou absentes les connaissances et les habiletés nécessaires à la participation politique démocratique, à des processus tels que voter, aux relations scolaires, pour les normes du milieu de travail, pour l’engagement communautaire.

 

Le Canada bénéficierait d’utiliser complètement les compétences et les capacités des nouveaux venus, et ce, dans les sphères socioéconomiques et publiques. En outre, les nouveaux venus et d’autres minorités visibles sont de plus en plus préoccupés et frustrés à cause des obstacles systémiques qui se dressent lorsqu’il s’agit de la participation entière et active à la société canadienne (Laidlaw Fondation, 2003).

 

De plus, pour mieux comprendre les dimensions multiples de l’exclusion culturelle, économique et sociale des nouveaux venus du Canada, il est important de tenir compte des expériences liées à la sexualité des immigrantes et des réfugiées (Chard et coll. 2000; James et coll. 1999; Mohab 1999; Preston et Man 1999 dans Laidlaw Foundation, 2003). Par exemple, beaucoup de femmes monoparentales arrivent avec plusieurs enfants à charge. Cela crée des difficultés et des obstacles additionnels tels que la pauvreté, le besoin d’occuper plus d’un emploi, des heures irrégulières ou de longues heures. Parmi d’autres facteurs qui jouent sur la participation des femmes à la société canadienne se trouvent les lourdes responsabilités domestiques, dont les travaux ménagers, le soutien familial et la socialisation des enfants.

 

Alors, des facteurs comportementaux et/ou psychologiques, telles les traditions socioculturelles dans leur pays d’origine, peuvent jouer un rôle important dans la capacité réduite des femmes récemment arrivées de participer à la vie publique. L’impuissance apprise mène souvent à peu d’estime de soi et à un sentiment limité de pouvoir agir qui, ensuite, contribue à l’isolement social et à une participation publique réduite. Les barrières systémiques ainsi qu’un manque de sensibilisation et d’expérience au regard des ressources disponibles et des services municipaux, entre autres, pour la santé, le logement, le marché du travail, les possibilités pour l’éducation et la technologie (p. ex., les ordinateurs) peuvent faire vivre aux immigrants des expériences des plus difficiles, voire traumatisantes. De tels problèmes, combinés au manque d’expérience, découragent les nouveaux venus face à la décision de s’établir et de maintenir une participation sociale et politique, d’acquérir les compétences nécessaires à la participation publique et à une réinsertion réussit.

 

Les difficultés de l’établissement et de la réinsertion affectent certes les parents, mais également les enfants et les jeunes (Laidlaw Fondation, 2003). Les parents qui éprouvent des difficultés d’immigration, notamment les barrières linguistiques, l’isolement, la pauvreté et de lourdes charges de travail, ont moins de temps pour participer à des activités familiales (Kilbride et coll, 2000). Ces difficultés et responsabilités écrasantes peuvent entraîner l’isolement social et le désespoir.

 

Pourtant, les « …nouveaux venus veulent être inclus comme participants égaux et à part entière à la vie économique, sociale, politique et culturelle de leur nouvelle patrie » (Laidlaw Fondation, 2003). Il n’est pas étonnant que Kilbride (2000) trouve que le soutien d’amis, de la famille et d’institutions est crucial pour aider les nouveaux venus dans leur participation civile et pour surmonter les difficultés de l’établissement.

 

Compte tenu de ce contexte, il est de plus en plus apparent qu’il faille des stratégies souples, réceptives et proactives afin que les nouveaux venus sachent quelles sont les compétences requises pour participer à la vie publique canadienne. La citoyenneté participative est nécessaire pour que le Canada honore sa promesse de multiculturalisme, tout en déployant des efforts pour devenir une société saine, forte et inclusive.

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